Communiqué de presse du CISS du 13 mars 2009
23 euros : les médecins lèvent l'impôt, sans contrepartie...
A la suite d’un arrêt de la Cour d’appel de Grenoble, un syndicat de médecin vient d’appeler
les généralistes à facturer la consultation à 23 euros. Ce jugement est donc l’occasion pour
certains de revenir sur la revendication de l’augmentation du montant de la consultation de 22
à 23 euros.
Prenons la mesure de l’événement car il est bien entendu que les caisses d’assurance
maladie ne rembourseront pas sur la base de 23 mais de 22 euros. « L’euro de plus » est
donc pour la poche du patient !
Rappelons d’abord que 1 euro par consultation ce sont 500 millions d’euros en année
pleine. Au-delà de l’augmentation de 1 euro du tarif de la consultation, c’est l’absence
de contrepartie visant à répondre aux réels enjeux de l’accès aux soins pour tous qui
nous choque. Combien sont en effet les médecins à consentir à s’installer dans les zones
déficitaires ou à assumer des missions essentielles de service public en particulier celle de la
permanence des soins ? Les débats parlementaires sur le projet de loi « Hôpital, patients,
santé et territoires » ont montré que les résistances sont encore majoritaires et que bon
nombre de médecins ne veulent aucune contrainte à cet égard.
Rappelons ensuite que, en matière de dépenses de santé, les franchises ce sont déjà 850
millions d’euros supplémentaires en année pleine. Le porte-monnaie des Français est donc
devenu la variable d’ajustement du système d’assurance maladie. A quoi cela nous sert-il
d’avoir un financement qui repose sur les cotisations et l’impôt si c’est pour à tout moment
rompre avec cette logique !
Face aux enjeux, les « technos » ne cessent de proposer de nouvelles idées pour garantir
une meilleure couverture des frais de santé : bouclier sanitaire, secteur optionnel… Mais
personne ne se préoccupe de mettre tout le monde autour de la table pour réfléchir aux
nouveaux contours du pacte social de santé dans la France du XXIème siècle alors que
chacun sait que le modèle issu de l’après seconde guerre mondiale est à bout de souffle.
Dans un tel contexte, le CISS réclame que se tienne rapidement un véritable Grenelle
de la couverture maladie. Ce n’est pas d’une table ronde dont nous avons besoin. Mais d’un
véritable Grenelle qui réponde à l’objectif de refonder la solidarité face à la maladie de façon
à garantir à chacun l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire.
Contact presse :
Marc Paris – Responsable communication – Tél. : 01 40 56 94 42 / 06 18 13 66 95