A la suite d’un arrêt de la Cour d’appel de Grenoble, un syndicat de médecin vient d’appeler les généralistes à facturer la consultation à 23 euros. Ce jugement est donc l’occasion pour certains de revenir sur la revendication de l’augmentation du montant de la consultation de 22 à 23 euros.

Prenons la mesure de l’événement car il est bien entendu que les caisses d’assurance maladie ne rembourseront pas sur la base de 23 mais de 22 euros. « L’euro de plus » est donc pour la poche du patient !

Rappelons d’abord que 1 euro par consultation ce sont 500 millions d’euros en année pleine. Au-delà de l’augmentation de 1 euro du tarif de la consultation, c’est l’absence de contrepartie visant à répondre aux réels enjeux de l’accès aux soins pour tous qui nous choque. Combien sont en effet les médecins à consentir à s’installer dans les zones déficitaires ou à assumer des missions essentielles de service public en particulier celle de la permanence des soins ? Les débats parlementaires sur le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » ont montré que les résistances sont encore majoritaires et que bon nombre de médecins ne veulent aucune contrainte à cet égard.

Rappelons ensuite que, en matière de dépenses de santé, les franchises ce sont déjà 850 millions d’euros supplémentaires en année pleine. Le porte-monnaie des Français est donc devenu la variable d’ajustement du système d’assurance maladie. A quoi cela nous sert-il d’avoir un financement qui repose sur les cotisations et l’impôt si c’est pour à tout moment rompre avec cette logique !

Face aux enjeux, les « technos » ne cessent de proposer de nouvelles idées pour garantir une meilleure couverture des frais de santé : bouclier sanitaire, secteur optionnel… Mais personne ne se préoccupe de mettre tout le monde autour de la table pour réfléchir aux nouveaux contours du pacte social de santé dans la France du XXIème siècle alors que chacun sait que le modèle issu de l’après seconde guerre mondiale est à bout de souffle.

Dans un tel contexte, le CISS réclame que se tienne rapidement un véritable Grenelle de la couverture maladie. Ce n’est pas d’une table ronde dont nous avons besoin. Mais d’un véritable Grenelle qui réponde à l’objectif de refonder la solidarité face à la maladie de façon à garantir à chacun l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire.

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